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Nous voilà transportés en ''machine arrière'' de 1970 à... 1950

 



- 1969-1970 : On commence ce retour par l'hiver 1970 (un des plus froids du XXème siècle avec ceux de 1954 et de 1956) ! Un sacré hiver avec, au début, une chute exeptionnelle de neige (qui commençat le samedi 26 décembre 1970 vers 15 h) et puis encore de la neige en continu pendant près de 48 h, sur un sol qui demeurera gelé jusqu'au 15 janvier 1971 (Papy Charlot, avait même mesuré : 91 cms de neige sur la place, le lundi 28/12/70 au matin). Le plan ORSEC avait été déclenché dans toute la Drôme par le préfet Patault ...  les routes étaient coupées à cause des congères, de nombreuses voitures étaient restées bloquées de nuit, sur "l'autoroute du soleil" (devenue ensuite A7) entre Valence et Montélimar, plusieurs morts avaient été dénombrés. (Ndlr: c'est la 1ère fois qu'une polémique s'est engagée entre les utilisateurs et les médias, contre une société d'autoroute et les pouvoirs publics qui n'avaient pas su s'adapter rapidement aux conditions météo, en laissant entrer à tort, des véhicules sur une autoroute bloquée). De nombreuses villes de Romans au nord, à Pierrelatte au sud, étaient totalement paralysées; je ne vous parle pas des villages et des fermes complètement isolés où la solidarité avait joué à plein ... et de tous ces gens prisonniers sur l'autoroute qui avaient pu être aidés et récupérés le lendemain et les jours suivants, par des camions militaires mobilisés, et même par la SNCF, car des trains s'étaient arrêtés en pleine voie, pour prendre des passagers le long du parcours ! (association "Mémoires de la Drôme" et livre de Fernand Avila).

Je me souviens bien des difficultés de circulation à Crest où, pendant plus d'une semaine, seules des traces permettant le passage d'une voiture avaient été dégagées; Les secouristes de la Croix Rouge avaient été trés actifs, les pompiers aussi, notamment pour déneiger des toîtures qui menaçaient de s'effondrer sous le poids inhabituel, et un des immeubles du grand Valla avait dû partiellement être évacué !

Avec les véhicules des pompiers, seule la 3 cv bicolore de Claudet avec le fidèle Bernard Crozet, circulait en ville, entre des murs de neige si hauts qu'ils empêchaient l'ouverture des portières !!!

 

Bien plus triste...le 10 février 1970, une avalanche dévastait l'UCPA de Val d'Isére, faisant 39 morts...!

Bien des Drômois étaient présents, je me souviens d'un collégue de Gràne qui avait été plaqué contre le mur, au fond d'un couloir par la coulée de neige... Il l'avait échappé belle ! Quelques mois aprés, en novembre 1970, alors que les dancings florissaient partout, nous apprenions avec J-J et M., à la radio et dans la nuit, le drame du " 5-7 " à Saint-Laurent du Pont, ce dancing de l'Isère, où 145 jeunes de moins de 26 ans avaient péri dans l'incendie accidentel survenu en pleine nuit ... Quel drame pour tous..!.

 

L'été suivant, en plus réjouissant, c'est l'époque du voyage en Corse, offert par Claudet (premier voyage en avion ! c'était une caravelle d'Air-France, depuis Marignane) d'abord à Bastia (Poretta), puis l'ile Rousse pour l'inauguration du "square Tino Rossi" avec Laurent, le fils de Tino, puis à Corte, la vallée de la Restonica pour l'élection de Miss Corse, puis à Lama, chez Jean-Jean. Quelques années plus tard, ce sera avec Marcel, à L'ile Rousse, Calvi, Ponte-Leccia, à Murato, mais aussi avec Xavier et Jean-Louis, Ange-Mathieu, les apéros interminables au "Cercle", le bar du village qui était tenu à l'époque par le père de Jean-Louis M. etc... des étés bien chauds et inoubliables !

A prestù corsica bella !

Ce même été 1970, je me souviens aussi et trés bien avoir regardé avec passion, à la TV en noir et blanc ! (avec Jean-Jean, Le Huche, et le "pastis maison"  à 50°) plusieurs matchs de la coupe du monde de foot au Mexique, et notamment la finale "Brésil-Italie" avec les 4 buts de... Pelé (Edson Arantes do nascimento) Gerson, Jaïrzinho et Rivellino..

C'était Extra! Quelle belle coupe du monde ! 45 ans après, elle demeure toujours à mes yeux, ainsi qu'à tous ceux de ma génération  "LA référence"...!Celle de 2014 m'est apparue moyenne, voire faible et heureusement qu'il y avait l'Allemagne pour montrer, à tous les pays, le niveau à atteindre...

C'est aussi l'année du "Raid Crest-Athènes" préparé et réalisé par les scouts de Crest " les pionniers". Le mérite de ce grand voyage de plus de 5.000 kms, effectué dans trois petits camions aménagés, doit revenir en premier lieu, à Michel R., le principal organisateur de ce voyage qui est resté unique dans la mémoire de tous les participants. Quel magnifique voyage ! Quelle riche et belle expérience de la vie, du partage, et de découvertes !

Quantité d'images fortes me reviennent à l'esprit en relisant le parcours effectué: ""Crest-Turin-Pesaro-Foggia-Brindisi-Nafpaktos-Delphes-Athènes-Epidaure-Marathon-Larissa-Salonique-Skopje-Titograd-Zadar-Rijika-Vérone-Turin"", comme par exemple, la traversée, dans l'ex-Yougoslavie, de la province du Kosovo, où la population se déplaçait sur des chemins de terre pour aller au marché de la bourgade la plus proche, dans des charettes tirées par des ânes ou des chevaux. Nous avions même accroché légèrement un de ces véhicules en le dépassant, et il avait fallu toute la conviction du père Yves et du chauffeur, pour pouvoir repartir sans être inquiétés ! Ce fût pénible à un moment, avec la sensation d'être bien seuls au monde, au milieu du "moyen âge" que nous étions en train de traverser !. Que de souvenirs !

Je me souviens aussi de notre admiration, en Théssalie (Grêce) face aux monastères des Météores tous bien accrochés aux sommets et dont les moines-résidents étaient alimentés par des victuailles montées à près de 50 mètres, par des treuils... Je me souviens aussi du petit mot que j'ai écrit sur le registre laissé aux visiteurs, à la sortie du seul monastère accessible au public... et qui indiquait "Dommage que la merveille des lieux soit atteinte par d'excessives publicités !" (On commençait déjà à voir les dégats de la pub !!!)

 

L'été 1969, à la TV en noir et blanc, nous découvrons tous, avec beaucoup d'émotion, les premiers pas sur la lune de Neil Armstrong et Buz Aldrin !!!

Quelles émotions ... quelles espérances pour l'avenir ! (Pour nous, l'avenir... c'était l'an 2000 !  et il se disait qu'en 2000, tout le monde se déplacerait en soucoupes volantes !). Nous étions aussi trés intéressés par les livres de science fiction, et beaucoup comme moi avaient lu "La nuit des temps" de R. Barjavel (Journaliste-écrivain né à Nyons)...

(( Il faudra attendre ensuite plus de 40 ans et même 45 ans (le 12/11/2014) pour que l'homme puisse poser un robot sur une comète vieille de 4,5 milliards d'années !!! mais il n'y aura toujours pas de soucoupe volante))

 

A cette époque donc Richard Anthony chantait "Le sirop Typhon" (1969), Michel Delpech chantait "Wight is wight",  les Bee Gees "Massachussetts", les Moody blues "nights in white satin", Demis Roussos "Rain and tears" Jean Ferrat "que la montagne est belle" et "ma France", Michel Polnareff  avec "La poupée qui dit non", puis "Love me, please love me", Léo Ferré "C'est extra", Johny halliday "Que je t'aime" et bien sûr,  les beatles avec "Obladi, oblada", "the ballad of John and Yoko", "Get back".........

Au Vox, je me souviens également avoir vu ces années là, "West side story" la très célèbre comédie musicale américaine, revue ensuite de trés nombreuses fois, tant en films qu'en réel, et tout particulièrement la version "live" au théatre en plein air de Chateauvallon, près de Toulon... Pendant ces temps là, le dimanche matin, on jouait au tiercé au café des marronniers avec des tickets particuliers, à replier, et des "pinces à tiercé"... on regardait, aprés le repas, les émissions TV comme "la vie des animaux" avec Claude Darget, et surtout "Le petit rapporteur" avec Jacques Martin, Pierre Bonte, et Pierre Desproges... !

 

- 68, l'année de la "révolte" des lycéens et des étudiants (même au lycée de Crest) Je me souviens que l'une des premières revendications au lycée F.J. Armorin, après plusieurs débats sur tout et n'importe quoi, et des votes systématiques à main levée : "Autorisation de fumer dans la cour du lycée !" ça commençait fort !)  Imaginez dans quel état se trouvaient alors les lycéens: blouse grise obligatoire avec écusson pour les garçons, blouse beige pour les filles, récrés dans la cour, pas de clopes, pas de ballons...et pas de portable ! (ça n'existait pas et heureusement pour nous tous qui aimions la liberté au plus haut point).

Je me souviens bien de quelques profs qui m'ont laissé un excellent souvenir, tels que Alain R., le prof d'histoire-géo, grand amateur de Rugby, ou "Nimbus", M. F. le prof de maths, M. C. le prof de physique-chimie,  etc...

 

C'est ensuite l'année du permis de conduire ... puis la 2 Cv Citroën (moteur 375, un modèle des années 50)...Puis c'est, en 1969, le Tour de la France-sud réalisé par les scouts, et justement avec des 2 CV ! (mais avec des modèles 425 !). De Crest jusqu'aux chateaux de la Loire, en passant par le sud du massif central, carcassone, Biarritz, la côte landaise et retour par l'océan atlantique - où Bonnet a laissé ses lunettes dans les vagues- Mimizan plage, Bordeaux, Angers, Blois, Chambord, Azay le rideau et le retour par la vallée de la Loire) 

 

...Jacques Dutronc chantait alors "Et moi et moi et moi", puis "Il est 5 h, Paris s'éveille", Demis Roussos et Les aphrodite's child "rain and tears", Peter Holm "Monia", Julien Clerc "La cavalerie", Joe Dassin "siffler sur la colline" et Bary Ryan "Eloîse", Simon et Garfunkel chantaient "Mrs Robinson"..et, le 15 mars 1968, le jour  même de mes 18 ans, sortait le disque des Beatles "Lady Madonna"...!

 

- 1969-1965, les années "Jean Louis, Clément, Véronique, et les Beatles" avec, au même moment, l'inauguration de l'autoroute du soleil (1967).

D'abord ce sont les premières cigarettes, avec JP Vincent et Nanou (les célèbres "P4", les moins chères qui coûtaient 0,20 cts de franc le paquet de 4, à la "civette" rue de l'hotel de ville, quelquefois des "Player's", ou des "Lucky Strike",  puis les "rallye" et ensuite les "Kool" mentholées, les Gauloises filtre, les gitanes, les Gauloises bleues, etc...). Mais aussi les "grandes vacances" avec mon cousin Jean-Louis Campagne à Crest, avec Clément et ses pinces à vélo, les chansons d'Antoine (Antoine Muraccioli était alors pion au lycée Champollion à Grenoble)  le week-end à Noyarey (Grenoble) avec mes parents, la visite de l'école où Guitou, le père de Jean-Louis, directeur et secrétaire de mairie, enseignait (Avec Yves nous avions été trés impressionnés par la maquette de barrage hydraulique qu'il avait fabriqué avec ses élèves et qui était installée dans la classe).

Je me souviens aussi qu'avec mon père, en 1967 à Paris, où nous étions allé chercher une voiture neuve au garage Citroën, porte de Versailles, nous avions pu aller voir la première exposition "Toutankhamon", un souvenir vraiment extraordinaire qui m'a fait découvrir la richesse de la civilisation égyptienne antique ! A cette occasion, j'avais aussi découvert le métro pour la première fois et nous avions même eu le temps et le plaisir de visiter les invalides, d'accéder à la tour Eiffel, jusqu'au sommet au dernier étage ! Quelle vue ! Quels bons souvenirs !

Puis ce sont les années de scoutisme -les pionniers à chemises rouges- au local rue des curetteries, les camps d'été (Bourg d'Oisans, Chantelouve, Guillaumet, Mermoz) et notamment à la Jarjatte, puis les excursions et escalades à Gigors et Lozeron ..., les raids de nuit jusqu'à Pont de Barret, le travail l'été au supermarché du Joubernon, les après-midi chez Jean-Paul, ou chez Jean B. (Dcd en décembre  2016), le premier à avoir transformé le commerce dans la vallée de la Drôme, avec l'installation des premiers libre-service et ce fut une belle réussite pendant plus de 50 ans. Maintenant, le commerce de proximité et surtout la recherche des produits bio et de proximité, sont l'avenir !... et cela va heureusement durer car l'économie agricole passe, petit à petit, de l'intensif à la diversité, et avec de moins en moins d'intermédiaires... c'est tant mieux pour les producteurs et les clients !.

C'est aussi l'époque des manifestations contre la guerre du Vietnam, contre les bombes au Napalm et à fragmentation, lancées par les B 52 américains (le film passait au Vox à Crest, nous avions même collé des affiches, près du "Valence").

Puis bien entendu, c'est la rencontre de Véro ...  la découverte commune et partagée de quantité de choses, de sentiments et d'évènements forts, de musiques, de films (c'était l'époque des premiers films politiques tels qu''Exodus", et ceux dits d'éducation sexuelle comme  "Helga") de très belles histoires et de trés bons moments, et aussi de livres sur la résistance et sur la dernière guerre (L'enfer deTréblinka), les cours de secourisme de la croix rouge, les cours d'alphabétisation donnés le soir, à la salle des fêtes de Crest  (essentiellement à des espagnols, des portugais et des marocains) puis ce sont les JEM (les "Jeunes en marche") toujours avec Véro, Edwige, Jean-Paul, Françoise, Cathy et les autres ... Que de bons moments passés ensemble, avec rires et bonne humeur, à aider les personnes en difficulté  pour leurs petits travaux immobiliers !

(J'avais même suggéré sur notre chantier d'Aouste, qu'Il faudrait apprendre aux "chats à touiller", pour agrémenter nos travaux moins rigolos...)

A la réflexion, je crois qu'à cette époque, j'étais un peu jeune et réticent à m'engager plus avant ou plus loin... Bref ce fût comme ça... Depuis, je pense encore et souvent à ces belles années.

 

A cette époque là, on avait donc vu le film "Exodus" au Vox et on écoutait de plus en plus, les Beatles: avec  Help !, Penny lane, Michelle, Hard day's night, Get back, Hey Jude et plus tard...." Let it be", ou alors "San francisco" de Simon et Garfunkel, mais aussi, Les Rolling stones "Satisfaction" puis des slows français comme Pascal Danel dans "les neiges du kilimandjaro" ou  "une mèche de cheveux" et  "Jerusalem" d'Adamo... et bien d'autres encore comme Serge Reggiani avec "le barbier de Belleville", "l'italien" ou "Ma liberté" et... "les loups", sans oublier toutes les oeuvres exceptionnelles de Jacques Brel ... Ah, quelle super époque !

 

- 1965-1962 : Plus tôt encore, ce sont les années "mob" ! D'abord avec "la bleue"  une Motobécane (puis la mob "noire"...). En fait, ce sont les années "Saint-Louis", avec les instits et les profs: Mme Bonnard pour les premières classes, avec les petits bureaux en bois équipés de plumiers à l'encre violette sur lesquels on apprenait à écrire à la plume (!)..., puis Mme Colombier (Je me souviens en particulier du jour où Claudet avait amené à l'école, les premiers épis de riz de Camargue, ramenés par Pierrot Barnier qui allait chaque année, moissonner les rizières dans les "mas" entre Arles et les salins de Giraud ! Quel succès !). Puis c'est M. Heyraud (la 7ème) et ensuite la 6ème avec M. Rouveure et sa blouse grise (C'est le prof qui nous faisait un peu peur, et qui nous apprenait à l'époque, l'origine et la signification -jamais oubliées depuis- des préfixes et suffixes, d'origine grecque et latine) puis c'est le souvenir de M. Baulieu, le canadien, avec tous les lundis, ses "prenez un quart de feuille" et les cravates offertes aux mieux notés, M. Yves Dupriez et son défaut de langue, M. Honraedt et les maths, M. Mialy et l'anglais, les pères  Muron, Blémet, Enjolras, Bourrely... le BEPC...et les copains d'alors : Jean Paul Vincent, Franck Bertholon, Dédé Maxence, Nanou, Philippe Bouleau, Jean-Paul Badoit, Jean-Paul Chauvet, et les parties de foot dans la cour, ou derrière le foyer...le samedi, les parties de baby-foot chez Marquié...Je me souviens qu'à cette époque là le samedi près midi, on enseignait aussi des travaux manuels, en particulier "la reliure" (avec la découpe des feuilles de papier imprimés, la reliure des feuillets, la râpe puis l'encollage à l'étau, la pose de pages de garde encollées, etc...). Voilà des souvenirs scolaires qui valaient bien apprentissage, et qu'on oublie pas avec le temps !

Je me souviens également qu'à cette époque là, nous avions l'habitude, tous les étés, de suivre les étapes du Tour de France, et nous regardions en fin de journée le tableau des résultats du jour, au café des halles qui était tenu à jour par M. Déchelle ou Georges Mure. C'était l'époque de Federico Bahamontès (l'aigle de Tolède) d'André Darrigade, de Raymond Poulidor (dit Poupou) et bien sûr, de Jacques Anquetil !.

C'était aussi l'époque oû nous allions voir sur le champ de mars, la fête de Saint Ferreol, ou les spectacles des cirques AMAR, PINDER ou BOUGLIONE avec leurs ménageries, depuis le montage du chapiteau dans la matinée, jusqu'au spectacle du soir où mon père avait un plaisir particulier à nous amener ! Il aimait, depuis tout petit, l'atmosphère de la "Famille du cirque", oû chaque membre avait un rôle bien défini et organisé. Il disait même que cette vie lui plaisait...

Durant ces années là, mon père avait entrepris de reconstruire un vieil immeuble lui appartenant, rue de Grenette, aidé en celà par Paul Alphonse et Joseph Fereyre, ses beaux frères, par Dédé Servant -sa 125 motobécane-, par José et sa truelle, et par Claudet qui avait même réussi à dessiner, sur sa planche à dessin (et à l'échelle !) l'esquisse exacte de l'escalier à réaliser en béton, et petit à petit, avec Claudet encore, les gravats avaient été amenés en décharge avec la 2CV camionnette... une dalle en béton avait été coulée sur place, au 1er étage (Tiens, c'était précisément le 22/11/1963, jour où le président JF. Kennedy a été assassiné à Dallas..! puisque maman était venue nous le dire en plein chantier !). Que de souvenirs !  Avec Yves, nous avions ensuite aménagé, une salle de jeu avec baby-foot...

 

Pendant ce temps, à la radio on entendait : "Non ho l'età" de Gigliola  Cinquetti grand prix de l'eurovision 1964, ou "Si tu vas à Rio.." de Dario Moréno, ou  "Si j'avais un marteau" des Surfs qui reprenaient la version américaine de Trini Lopez, ou "Aline" de Christophe, "Santiano" de Hugues Aufray, "Ma vie" et "elle était si jolie" par Alain Barrière et, sur le juke box du café le Paris, ou chez Victoria, on écoutait "Good Vibrations" des Beach-Boys et "the sound of silence" de Simon et Garfunkel.... à la télé, on voyait encore le feuilleton "Au nom de la loi" avec Steeve Mc Queen...Le dimanche à 12h30, on regardait "Discorama" avec Denise Glazer et je souviens bien des passages d'Adamo, puis de Georges Moustaki.. . C'était entre 1962-1965.

 

Les rapatriés, les premiers "pieds-noirs", s'installaient petit à petit dans la région, dans les administrations, les commerces...  Enrico Macias était sur les ondes radio. Il chantait "Enfants de tous pays"... alors que, dans le même temps, je me souviens que des jeunes crestois (la plupart d'origine italienne...!) effrayaient les nord-africains, sur les quais, à la descente du car "Die-Valence"...! C'est incroyable, mais vrai !... (J'ai les noms !... comme dira Coluche, plus de 20 ans après..)

Chaque immigration constatée à Crest (respectivement des portugais, des italiens, des espagnols,, des nord africains, des yougoslaves,  tous venus par obligation de travail ou politique) a connu des difficultés d'adaptation et a du faire face à l'hostilité, plus ou moins manifeste, des immigrés arrivés précédemment ! ... C'est étonnant non ?

 

- 1962-1950 : Le premier souvenir de 1962 est celui de ma communion solennelle, après une retraite de quelques jours vers Saint Julien en Quint -où je me souviens d'une mémorable bataille de pommes de pins avec tous les autres participants-, puis c'est le souvenir de ma première montre (une Lip), des premiers "pop corn" que ma mère faisait "exploser" dans une casserole à la cuisine ... Des images par dizaines me reviennent en mémoire pour cette période: par exemple celle de la voiture d'André dans la cour des roches (une B14) avec les ailes avant qui tremblaient au ralenti, puis de la citroën Traction-avant "la 11"(dont j'avais rempli le réservoir...avec de l'eau de la fontaine !) conduite par Pierrot, de la "Trèfle" conduite par Claudet sur les routes aux abords des roches, de la citroën "Traction avant 15 cv noire" de papa Charlot....C'étaient en fait les années "Chabrillan", avec le tonton Albert, Lucie, Pierrot et Maryse, Yves, Pierrick et Jacky (Marielle était trop petite et même pas encore née) le hangar en terre battue (rempli d'outils et d'ateliers, de meules et de scies mécanisées, et au fond, d'un four à pain) la fontaine de la cour (sur laquelle une plaque indiquait: "carburant auto"), le bassin des roches, les jeux sur l'aire (avec les matches de foot où nous nous prenions à l'époque pour Simon, Douis, Nestor Combin, pour St Etienne, Nantes, Lyon et Monaco), les cabanes dans les arbres construites dans le "petit bois" que Pierrot nous avait laissé pour jouer, et aussi à la fenière surnommée "Ponderosa" en raison du nom du feuilleton TV américain, avec les 3 frères "Cartwright", Pierrot et Maryse (à qui il disait souvent: "Tu le voyais pas çà ??") Leopold J., Dudule, le père Tav., Jojo B., "Bébert la graille" et les petits déjeuners et les goûters copieux, ... Les tracteurs : le Lanz, le Marschal,  le Massey-Ferguson, le Zetor, la presse à paille, la batteuse, la moissonneuse batteuse rouge "Massey-ferguson", puis la "Cleysson" jaune, puis un peu plus tard la "New holland" qui était repeinte par Pierrot (sans aucun masque à l'époque !) au début de chaque saison......

 

Je revois aussi le petit carnet de la guerre de 1914-1918 tenu par le tonton Albert au crayon à papier et que je lisais attentivement les soirs d'été aux Roches, sans bien tout comprendre (comme le jour où il écrivait qu'avec sa section, en s'approchant à pied d'une ferme abandonnée devant laquelle flottait un drapeau blanc avec une croix rouge, il avait vu sortir subitement des soldats allemands armés , puis tirer sur les arrivants dans tous les alentours !..En embuscade, ils se tenaient dissimulés dans une sorte de faux hopital de campagne !).

 

J'imagine aussi toute la famille éclater de rire, le dimanche à la cuisine des Roches, lorsque Pierrot, Gaston et Joseph racontaient que Claudet, à l'âge de 3 ans alors qu'il était assis sur les genoux de Frantz (le prisonnier allemand tenu de rester aux Roches jusqu'à la fin de la guerre) avait répondu du tac au tac, lorsqu'on lui demandait ce qu'il ferait quand il serait grand :

--"je prendrais un fusil et tuerais tous les boches !" .

--"Salaud !" avait brusquement réagi Frantz...

A propos de Frantz (ce même prisonnier allemand) mes parents m'avaient raconté qu'à l'annonce de l'armistice de 1945 (et donc de sa libération) que lui criait du bord du champ, le tonton Albert, ce même Frantz avait voulu absolument, avant de partir, terminer de labourer le champ qu'il avait commencé (avec la charrue et les boeufs) ...!  A méditer non ?

 

Des années plus tard, je revois bien Claudet avec son masque à visière en plastique (qu'il avait fabriqué lui même sur mesure) en train de "passer les aiguilles" à la presse sur l'aire, dans la poussière et le brouhaha continu et saccadé de la presse, avec la batteuse et, devant le tout, à dix mètres de là, du tracteur Marschal qui tournait à plein régime pour entrainer le mouvement à toute l'installation par sa longue courroie croisée en cuir !... Je revois aussi Gaston, Joseph et Dudule en train de lancer les gerbes à la fourche à Ninou G. sur la batteuse, le père Nouvet et le père Tavan qui remplissaient les sacs de grains; Le soir, la journée finie, Pierrot et Gaston en bagarre amicale dans la paille ... Bibi, le cheval blanc... et enfin Dudule qui arrivait toujours en retard et qui avait aussi faim que "Bébert la graille"...



Je me souviens bien, mais un peu dans le désordre, je le reconnais, qu'à cette époque mon père nous parlait souvent du théatre de "Guignol" avec la "mère Cottivet" au parc de la tête d'Or à Lyon, ainsi que des livres de spéléologues célèbres, mais aussi des périls de la haute montagne avec les exploits de Lionel Terray, mais aussi du drame de Vincendon et Henry, les deux alpinistes disparus dans une tempête de neige au mont Blanc, et après plusieurs jours de recherches en hélicoptères, retrouvés morts de froid...

A ces moments là, on écoutait Edith Piaf dans "Allez venez Milord" et "l'homme à la moto", mais aussi et toujours Guy Béart dans "l"eau vive", puis ce fut Luis Mariano dans  "Mexico" et "La belle de Cadix", et toutes les opérettes alors en vogue, ou "Si tu vas à Rio" de Dario Moréno, ou "Salade de fruits" de Bourvil sur les disques en vinyl que Claudet avait achetés...et, on riait, en famille, devant la première télévision "Philips", des sketches de Robert Lamoureux et de Fernand Reynaud ..et des films muets avec Charlie Chaplin, puis avec Laurel et Hardy.

A la TV, on regardait également en fin d'après midi, les feuilletons comme "La flêche brisée" avec les Apaches et leur grand chef "Cochise", puis "Thierry la Fronde" et bien sûr "les aventures de Rintintin" avec le lieutenant Ripley; et enfin "Zorro" avec le célèbre générique : "Un cavalier, sorti de la nuit, avec son cheval au galop.." avec Don Diego, le valet Bernardo, et le sergent Garcia !

Mais on lisait aussi les "aventures de Picotin" puis les périodiques comme "Spirou" et "le journal de Mickey" sans oublier la série du "Club des 5", de "Bibi Fricotin'' celle des "Tintin et Milou", dont je me souviens bien le premier exemplaire acheté, et qui s'intitulait "Tintin au congo"...

Claudet, lui, préférait "Blek le roc", ou  "les corsaires" puis, un peu plus tard, les romans policiers de la "série noire"...

Le soir, on regardait à la télé (qui s'appelait ORTF à l'époque)  "36 chandelles"  émission de variétés animée par Jean Nohain ou "la piste aux étoiles" par Roger Lenzac, et même plus tard, on attendait même le catch avec "l'Ange blanc et le bourreau de Bethune", ou avec "Roger Delaporte"... le tout commenté avec passion par Roger Couderc en personne !

 

1954-1956 : Des hivers trés froids (rappelez vous l'appel de l'abbé Pierre en Février 1954, dont je ne me souviens pas bien), mais sachez également que l'hiver 1956 (je m'en souviens mieux) a été le plus froid du XXème siècle (-source Météorologie de la Drôme-) et notamment à Crest. Je me rappelle bien qu'en février de cette année 1956 (la température était restée à -18° pendant 3 semaines) la Drôme était complètement gelée, des stalagtites pendaient des toîtures et il y en avaient même une de plus d'1,50 m, impasse Digonnet et que je scrutins tous les jours par la fenêtre... Le "coeur" des oliviers -disait-on- avait totalement gelé à Montélimar..!.

Au printemps suivant, la Drôme avait débordé de près de 10 cm sur le quai Latune, à côté de l'imprimerie Véziant qui était au coin du chemin de l'Eden !. Mon père m'avait emmené voir, cela m'avait beaucoup impressionné, et  je n'ai jamais revu de toute ma vie, la Drôme aussi haute !

 

Ce sont aussi "Toutes les années place au blé", avec le souvenir de tous nos jeux d'enfants imaginés sur le moment, et au gré des participants : les jeux de billes, les scoubidous, le tour des quais, le sprint de chez Paturel jusqu'à la boulangerie Chaix, la descente de chez Veillit avec les charriots à roulement à billes fournis par Charlot, la montée des mines, les jeux d'osselets et les concours de billes et d'agathes dans la rue du trou du loup, puis le foot contre le garage du père Richaud, le badmington sur toute la place, le rugby devant chez Veillit, la conquête des trois croix (en passant par la montée des mines et celle, obligée, du champ de la tour), le tour des voûtes en courant, avec Yves devant, et Claude Chaix (malvoyant) derrière ... il y avaient alors, Jean-Paul V. et Nanou Ch. (avec lesquels j'ai fumé ma première goulée de cigarette en liane, sur les bords de Drôme) et Paul dit "Popau", Jean-Marie et Bernard J, le fils Col, le fils Pich, les fils Petit, Dédé F. et sa soeur Annie, Daniel B. ... et tout cela, sous les yeux des plus grands: André Ch., Georges Déc., Yves Rom., de Claudet avec son "houla hop", c'était le premier du quartier !... et il était en plastique bleu...

 

Je me souviens qu'à cette époque et dans presque dans toutes les écoles, on "élevait" des vers à soie, dans des boîtes à chaussures remplies de feuilles de mûrier, jusqu'à l'élaboration des cocons  ...! En Ardèche, nous avions même vu des fermes entourées d'allées de mûriers, pour l'élevage de vers à soie et pour les entreprises de filature installées au bord de la rivière ..... C'était semble-t-il la culture complémentaire des agriculteurs de l'époque ?

Hé bien non, puisque j'ai retrouvé, dans "l'histoire de Crest et de la Drôme" d'André Mailhet (officier d'académie -1982-) la même "industrie de la soie", avec l'installation en vallée de la Drôme, de nombreuses entreprises de filatures pour vêtements de soies en... 1735 ! soit plus de 200 ans auparavant !

 

Enfin, je me souviens enfin, avant 1960, que chaque dimanche, Claudet recevait de mon père, une pièce de 5 F (soit aujourd'hui 0,80 cts d'euro) et que cela lui permettait de s'offrir une place de cinéma (au Rex) avec un paquet de bonbons à l'entracte ...!

Nous étions à ce moment là, précisément, en ... 1958 !